commoning & concrete

These pages accompany Elona’s doctoral thesis at the University of Brighton Centre for Spatial, Environmental and Cultural Politics, started in October 2016 and submitted on 26 June 2020.

Cultivating Relational Worlds in Concrete Environments: Learning with commoning projects in Paris and London.

Below is the abstract for the thesis et le résumé en français. The website also hosts creative practices developed with this project, include sound compositions (in the form of a soundtrack) and poetic samples.

Thank you to Juanchila for dedicating this matéman to the project and the many people and things that have been part of the journey!

matéman, habemus thesis: a requiem to miasma Juanchila, 2020.06.26

Abstract

This research is guided by the question of how we might cultivate ethical and emancipatory modes of existence in hard places, places dominated by unequal and uneven social relations and far from any pristine environments to (re)connect with. I ground this question by examining collective practices in Western European cities, contexts where the uneven effects of capitalism, neoliberalism and colonialism are created and sustained. I call these contexts concrete environments.

European cities have seen a renewed enthusiasm for place-based collective political practices in the wake of austerity measures imposed after the 2008 financial crisis and converging social and ecological emergencies. Many such initiatives have adopted the ideas of the commons as a call to action, experimenting with practices that welcome otherness and difference, while challenging structures and relations of exploitation. Such practices draw on a shift among scholar-activists from attention to the commons as a site to manage, to commoning as a set of entangled more than human practices. The analysis presented in this thesis is guided by scholarship on commoning, material feminist, indigenous and anti-colonial scholarship on relational ethics, and theories of affect. It is located in my learning with two commoning projects in Paris and London respectively through multi-sited ethnographic research.

Attending to affective conditions in my fieldwork led me to hear the echoes of three troubling affective experiences: discomfort, urgency and ineffable affects. My analysis involves exploring these affects and how they might cultivate ethical relations.

Discomfort echoes. As collective affective experiences, I show how discomfort accentuates the power and politics entangled in commoning projects, and identify practices that can make discomfort generative. Such practices involve challenging feelings of sovereignty and ownership, acknowledging the role of material assemblages, the existence of otherness, the awkwardness of uneven power relations, and the constant work of questioning worldviews while clarifying certainties.

Urgency echoes. As a affective atmospheres, urgency involves attending to temporalities that are not only about immediacy, speed or futurity. It can be reclaimed with collective practices that bring the urgency of bodies into contact with larger-scale urgencies, such as climate change. Such practices draw on the intensity of intervals while being temporally grounded in more than human rhythms that exceed the ‘now’ of social projects. Reclaiming urgency involves recognising it as an ethical affect rather than only a regime of control.

Enchantment isn’t cool. Resulting from disconnection and dispossession, I show how poetic commoning practices can offer a way of materialising spirit-full and non-instrumentalist relations, tethering potentially volatile affects into the crummy, messy, contradictory, uncomfortable, urgent, imperfect… experiences of European metropoles.  The thesis offers a way to embrace, reclaim and invite troubling affective experiences as collective practices. In doing so, it also untangles the implicit ethos of commoning and offers ways of cultivating critical relational ethics in concrete environments.

Résumé

Comment cultiver des façons d’exister qui sont étiques et émancipatoires dans des milieux coriaces et durs, dominés par des relations inégales et irrégulières, et loin d’une supposée nature avec laquelle se (re)connecter ? Cette question guide cette thèse et afin de l’examiner, je situe ma recherche avec des pratiques collectives dans deux villes de l’Europe de l’Ouest, dans des contextes où les effets irréguliers du capitalisme, néolibéralisme et colonialisme sont créés et maintenus. J’appelle ces contextes des environnements de béton.

Récemment, les villes Européennes ont pu voir un renouveau de projets basés dans des lieux collectifs, suite aux mesures d’austérité imposées après la crise financière de 2008 et la convergence d’urgences sociales et écologiques. Beaucoup de ces initiatives ont adopté l’idée des communs pour sonner l’alarme, appelant individus et groupes à expérimenter avec des pratiques qui encouragent des relations à l’altérité, et contestent les structures et rapports d’exploitation. Ces pratiques s’inspirent du basculement d’une vision des communs comme site de gestion, vers un intérêt pour les multiples pratiques qui créent ce commun – le commoning en anglais. L’analyse présentée dans cette thèse est guidée par la recherche sur le commoning, les théories féministes matérialistes, Indigènes, et anticoloniales de l’éthique relationnelle, et les études d’affect. Ce travail est situé dans un apprentissage avec deux projets urbains de commoning, à Paris et Londres respectivement, à travers une approche ethnographique multisite.

Pratiquer une attention envers les affects durant le travail de champs m’a mené à entendre les échos de trois expériences affectives troublantes : l’inconfort, l’urgence et les affects ineffables. Mon analyse explore ces trois thèmes et les possibilités pour qu’elles se transforment en pratiques qui cultivent une éthique relationnelle.

L’inconfort en écho. Comme expériences affectives collectives, je montre comment l’inconfort et le gêne accentuent le pouvoir et les politiques de projets communs, et j’identifie des pratiques qui peuvent faire de l’inconfort un affect générateur. Ces pratiques impliquent remettre en question les relations de souveraineté et propriété, reconnaitre le rôle d’assemblages matériaux, l’existence de l’altérité radicale, les aspects gênants de l’irrégularité dans les relations de pouvoir, et le travail constant de questionner les visions du monde tout en clarifiant les certitudes.

L’urgence en écho. Ce sentiment habite les atmosphères affectives des projets, et implique prêter attention aux temporalités. Avec l’urgence il n’est pas seulement question d’immédiateté, de vitesse ou d’une orientation vers le futur. L’urgence peut être récupérée au sein de pratiques collectives qui mettent l’urgence des corps en contact avec les urgences à plus grande échelle, telles que la crise climatique. Celles-ci puisent dans l’intensité des intervalles d’action sans perdre l’attache aux rythmes qui excèdent le « maintenant » du projet. L’acte de récupération reconnait l’urgence comme affect éthique et non seulement comme régime de contrôle.

L’enchantement c’est pas cool. Les pratiques poétiques découlent de déconnexions et dépossessions qui caractérisent les projets de fabrique du commun. Ces pratiques offrent une manière de rendre matérielles les relations ineffables, celles qui ne sont pas définies par leur objet ou utilité, tout en trouvant une attache pour ces affects volatiles, dans les expériences miteuses, désordonnées, contradictoires, gênantes, urgentes, imparfaites… des métropoles Européennes.

Cette thèse offre une manière d’embrasser, récupérer et inviter des expériences affectives, souvent vécues comme négatives dans les contextes contemporains, au travers de pratiques collectives. Ce faisant, cette thèse démêle les philosophies souvent implicites du ‘commun’,et tisse des fils générateurs pour cultiver des mondes en relation dans les environnements de béton.


outside Bethnal Green Nature Reserve
Outside Bethnal Green Nature Reserve – London (photo: Elona Hoover)